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Affichage des articles du septembre, 2026

Fabcaro, Les cinq ami.e.s l’échappent in extremis (roman)

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    La parodie littéraire est un exercice de style périlleux. Dans Les cinq ami.e.s , Fabcaro exploite toutes les ficelles du genre, s’attaquant à la littérature jeunesse des années 70, la fameuse collection Bibliothèque rose et les aventures collectives ( Le club des 5, Le clan des 7 …) qui firent le bonheur de la génération X. Quoi de mieux qu’une discrète enquête pour pimenter le début des vacances ? Le mystère plane après la disparition d’un dossier secret du père des protagonistes. Mais la fin de la 4 e de couverture spoile tout le récit : c’est le voisin qui a fait le coup. Dès lors on comprend, le dénouement étant d’emblée évacué, que tout n’est qu’une question de forme. Non pas qui est l’auteur du méfait, mais comment l’art du romancier s’attache à démonter en les amplifiant à outrance tous les mécanismes du genre. Dans l’art du discours, tout d’abord : les discours indirects libres, (ces pensées intérieures rapportées qui permettent au lecteur de plonger dans la c...

Stefan Zweig Le Monde d’hier (souvenirs d’un européen)

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          Témoin et acteur de son époque, Stefan Zweig livre ici un testament à charge contre le siècle anthropophage que fut le sien. De son Autriche natale, épicentre des conflits européens, jusqu’à son dernier exil au Brésil, Zweig raconte comment, d’une situation parfaitement enviable, son pays a basculé, à deux reprises sous l’influence délétère de la proche Allemagne, dans l’horreur des discriminations et des guerres. Pourtant, à la fin du 19 e , l’Autriche était un modèle de civilisation avancée, dans les domaines scientifiques, artistiques, littéraires, et ceux des droits sociaux. Son parcours d’écrivain précoce, ses amitiés avec Verhaeren, Romain Rolland, Freud, Rilke, Gorki, son indéfectible admiration pour Hofmannsthal, la montée de l’antisémitisme et l’inéluctable récidive historique, la débâcle des Habsbourg, tout est relaté par le seul point de vue qui vaille : celui de l’angle subjectif. On entre dans l’intimité des grands de ce monde. Le poè...

Roman : Flaubert, Madame Bovary

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  Quand je suis entré dans l’enseignement, j’ai fait ce pari absurde : démontrer qu’on peut être agrégé de Lettres et Docteur en Littérature sans jamais avoir lu Madame Bovary . J’ai tenu parole, ce en quoi je me suis infligé, je le savais, une lourde restriction, puisque j’adore par ailleurs le reste de l’œuvre de Flaubert, Salammbo et les Trois contres plus particulièrement. Mais je suis têtu, et me suis privé de ce grand moment de lecture juste pour prouver que l’institution avait ses failles : la détection est à revoir. Inutile de dire que j’ai employé les premiers jours de ma retraite à combler cette lacune volontaire. Oserai-je dire que j’ai été déçu ? Et cette déception elle-même n’est-t-elle pas en soi le but recherché par Flaubert ? Une chronique de vie provinciale à la Balzac, avec une pointe de cynisme en plus. On a tour à tour envie de gifler Charles, ce benêt de mari cocu totalement aveuglé par son amour pour Emma, gifler Emma elle-même pour sa ...