Essai : Je suis une fille sans histoire, Alice Zeniter (l'Arche)

Ce livre est une arnaque. Une brillante arnaque, mais une arnaque. L’autrice se propose d’expliquer comment les récits littéraires se sont constitués sans les femmes (d’où le titre). Mais rapidement, le livre tourne à une leçon de narratologie, où après nous avoir expliqué pourquoi le lecteur éprouve de l'empathie pour Anna Karénine, on nous expose le rôle de la métalepse, cette césure du pacte fictionnel, du triangle sémiotique (signifiant/signifié et référent), du schéma narratif ou actanciel, bref une leçon de fac de Lettres héritée des recherches structuralistes (Barthes, Genette, Eco et compagnie). On se demande donc où sont les femmes promises ? É vaporées en cours de route au bénéfice de la leçon de narratologie. Donc une fille sans histoire et, tout d’un coup, une histoire sans filles. On apprécie néanmoins le sens didactique et l’humour d’Alice Zeniter qui sait s’impliquer dans ses démonstrations : souvent drôles, les explications sont aussi pertinentes et donnent une...